Veillée d'armes

18/12/2015 18:12

 

Veillée d’armes

 Alors que l’excitation des régionales avait réveillé les consciences citoyennes, la déprime qui suit un événement intensément vécu s’abat de nouveau sur la France. La population retourne à sa triste routine, et les journaux réalimentent la sinistrose ambiante en accablant Hollande :  « Le Président reste sourd et aveugle », « Hollande méprise les petits et n’a rien compris de leurs souffrances », « il est autiste ou quoi ? »…Et pour faire bonne mesure et entretenir les braises, un journaleux rémois transforme une chamaillerie entre filles en acte de barbarie et la morsure d’un téton en guerre de religion.

 Selon la presse, nous sommes donc repartis pour un avenir morose, sans perspective aucune, et ça n’est pas bien drôle.

 A moins que…

A moins que cette presse cache bien son jeu. Souvent bien informée, peut-être joue-t-elle aujourd’hui seulement un interlude pour mieux accompagner le coup qui se prépare.

Or ce coup, je l’attends ardemment, je mets en lui toute mon espérance, car pour moi, ce coup-là, c’est, pour fin Janvier ou jamais

.J’espère que le Président français va larguer sur le pays sa « little boy », une bombe qui va atomiser les cadenas et verrous qui entravent les multiples initiatives possibles, bombe qui, balayant chicaneries et autre paperasserie va libérer chez les citoyens la quantité phénoménale de ressources, d’énergies qui ne demandent qu’à se convertir en idées et réalisations.

                  La refonte du Code du travail

 Les millions de personnes clouées au sol par le chômage vont pouvoir se précipiter sur l’emploi en sommeil ou à naître qui permettra à ceux qui récemment hurlaient leur colère d’être enfin utiles et rémunérés à leur juste valeur.

 Voilà quelle est cette immense espérance : la bombe explosant en janvier et libérant son énergie tout au long de l’année. Alors l’économie française repartira, elle qui dans le passé, s’est montrée si audacieuse et inventive.

 C’est un projet qui, dès qu’il fut connu, se vit banalisé, moqué, vilipendé. On critiqua le fait de s’attaquer à un objet, que d’aucun trouvait tout à fait à leur goût, on critiqua la composition de l’équipe qui s’y attelait, des gens pas compétents, partisans, trop jeunes, trop vieux… En fait les « on » craignent tout changement, surtout s’ils sont en place, grassement payés, et risquent d’être concernés.

 Le Premier Ministre a promis un « projet révolutionnaire ». Il faut donc attendre que le code du travail paraisse pour savoir s’il l’est véritablement. Mais la présence dans cette équipe de travail de Messieurs Badinter et Lyon-Caen, en plus des autres personnalités de référence, qui ont à l’esprit le scandale des dix millions de chômeurs, ne peut que nous faire espérer la violence et donc la force du changement.

 Déjà les syndicats rechignent, ce qui n’est pas étonnant car lors de ces dernières années ces organisations semblent centrés sur les avantages acquis des travailleurs, négligeant ceux qui ne méritent pas d’être nommé ainsi faute de travail, et qui eux, se meurent. Ces organisations  se comportent souvent comme des coureurs cyclistes qui freineraient dans les côtes par peur de reculer.

Inquiétude du côté des patrons qui se disent libéraux  de par la liberté qu’ils s’octroient d’augmenter leurs émoluments déjà scandaleusement élevés en baissant le salaire de ceux qui par leur travail les enrichissent.

 Le travail de cette commission est essentiel. L’avenir du Pays en dépend. En supprimant la multitude de freins à l’embauche, aux créations d’entreprises et à leur viabilité, elle fera redémarrer l’économie française ou, rendez-vous manqué, l’enterrera.

 Ainsi ce silence élyséen est peut être l’expression de ce que les chevaliers appelaient une « veillée d’armes ». Un long temps de grande concentration pour se préparer au combat d’où sortira victoire ou défaite. L’avenir de la France et de ses citoyens va peut-être se jouer là ?

                    

            Bombe libératrice, ou régression et mort ?