Wolfgang Schäuble, le loup dans la bergerie

13/07/2015 12:57

WOLFGANG  SCHÄUBLE, LE LOUP DANS LA BERGERIE

Wolfgang Schäuble, die Wolf im Schafs

L’intervention méprisante de Schäuble envers le peuple grec a signé à mes yeux un grand instant de vérité. L’instant où un nostalgique de l’Empire nazi a pu exprimer en toute clarté son « Deutchland über alles ! ». Cet homme est dangereux. Sa mordante ironie révélée par la vidéo publiée dans la presse et rapportée dans mon billet précédent atteste que cette éloquence propre à feu les dignitaires nazis a toujours son succès. Il n’est qu’à voir l’accueil que ses saillis ont trouvé dans l’assistance, applaudissements, rires de connivence. C’est très grave.

Certes les quelques fanatiques venus savourer l’ironie de leur maître sont sans doute très minoritaires, même si la propagande de ce démagogue est astucieuse et peut en tromper plus d’un : raconter la fable de la cigale et la fourmi que vivrait face aux Grecs la nation allemande :

l’Allemagne,  fourmi industrieuse, laborieuse, sérieuse, travailleuse qui doit payer pour une masse de fainéants, ne pensant qu’à s’amuser, à faire la fête, à s’endetter sans cesse, et jeter leur argent par la fenêtre serait un scandale inadmissible à faire cesser sur le champ. Qu’ils paient enfin, ces paresseux ! Pas question d’effacer leur dette. Qu’ils se serrent la ceinture autant que nous nous la sommes serrée après guerre ! La revanche, enfin.

D’autres auparavant ont tenu ce même discours et ont enflammé les foules. Ce ne fut pas la Grèce qui dans un premier temps souffrit de ces mensonges, mais la Pologne, et l’on connait la suite.

Les pompiers apprennent au public qu’un incendie peut s’éteindre avec un verre d’eau si l’on s’attaque à la flamme naissante. Qui clouera le bec à ce dangereux personnage. Pas grand monde jusqu’à présent, dont pourtant l’idéologie est bien connue : celle d’une droite extrême au seine du CDU (qu’y a-t-il de chrétien dans son attitude ?

 Il lance une pétition contre la réforme du code de la nationalité voulue par la coalition rouge-verte de Gerhard Schröder et de Joschka Fischer, sous le titre « Intégration : oui – Double nationalité : non ! ».

Il s'illustre en 2007 par des déclarations polémiques concernant le terrorisme, affirmant que l'application de présomption d'innocence n'était pas pertinente dans le cas des opérations anti-terroristes, puis en proposant la mise en place d'une législation fédérale autorisant les assassinats ciblés de terroristes et interdisant aux personnes soupçonnées de sympathiser avec les terroristes d'utiliser un téléphone portable ou Internet. Il est également sorti en défense du camp de détention américain de terroristes présumés à Guantánamo Bay, arguant qu'il s'agissait d'une « réponse légalement admissible des civilisations constitutionnelles contre la barbarie du terrorisme. ». Ces positions sécuritaires ont conduit au lancement de la campagne Stasi 2.0, qui comparait la politique du ministère fédéral de l'Intérieur à celle de la police secrète est-allemande (Stasi). (source Wikipédia)

Hollande et son Gouvernement se félicitent abondamment d’avoir sauvé la bonne entente entre la France et l’Allemagne. C’est peut-être vrai, mais à quel prix ?  Au prix du sacrifice du peuple grec ? Comme Daladier a cru sauver l’Europe d’une guerre, en se laissant berner par un partenaire qui ne voulait qu’en découdre ?

LE « Coup d’Etat de l’Allemagne » a été salué par le prix Nobel d’Economie Paul Krugman, sur son blog du New York Times :. « Cela va au-delà du sévère, vers l’envie de vengeance, la destruction totale de la souveraineté nationale et aucun espoir de soulagement. » « C’est conçu, on peut le supposer, pour être une proposition que la Grèce ne peut pas accepter, mais, même ainsi, c’est une trahison grotesque de tout ce que le projet européen était censé représenter »,ajoutel’économiste.
 

Et François Bonnet de conclure dans le Médiapart de ce jour : « C'est ce projet d'une Europe ouverte, multiple parce que pluraliste, solidaire mais non uniforme, laissant aux États membres de larges marges de manœuvre politiques sans lesquelles il n'y a pas de démocratie, que l'Allemagne se révèle aujourd'hui combattre farouchement avec l'exemple grec. C'est un événement aux conséquences incalculables. Il va, dans les années à venir, remodeler en profondeur le projet européen. »